Il faut suspendre la stratégie biodiversité en forêt

Actuellement, la biodiversité en forêt est déjà élevée. 

Dans sa prise de position du 16 décembre 2011, la Task Force Forêt + Bois + Energie a déjà exigé le retrait et la suspension de la «stratégie biodiversité Suisse» en forêt jusqu’à ce que les stratégies sur la politique énergétique et climatique et la «politique de la ressource bois» soient à disposition.

La protection conservatrice suisse de la nature en forêt veut créer bien davantage de réserves et accentuer la promotion des essences non demandées dans une mesure nettement plus forte que ce n’est le cas dans tous les pays voisins. Cela fait non seulement diminuer notre base de matière première, mais c’est aussi en contradiction avec les revendications écologiques plus générales, qui s’étendent jusqu‘au choix des matériaux de construction et des sources d’énergie – ce qui confère donc au bois une importance croissante.

La «stratégie biodiversité Suisse» est une tentative de développer des objectifs écologiques qui ont d’ores et déjà été atteints à un haut niveau. En outre, la forêt ne doit pas servir de compensation à l’ensemble des déficits suisses en biodiversité.

Remplacement des projets de réserves naturelles démesurées par l'exploitation de la forêt respectueuse du climat

Avec la motion 10.3124 «Remplacement des projets de réserves naturelles démesurées par l'exploitation de la forêt respectueuse du climat» de la Conseillère nationale Sylvia Flückiger-Bäni du 16 mars 2010, qui a été acceptée, les consommateurs de bois brut ont déjà exprimé leurs préoccupations concernant la raréfaction des surfaces forestières encore exploitées. 

Conformément à l’Inventaire forestier national 3, la part des surfaces forestières qui n’ont pas été exploitées depuis plus de 50 ans (et qui remplissent ainsi les critères d’une réserve forestière) représente 18.35% des surfaces forestières productives de Suisse. Sans compter les surfaces forestières inaccessibles et les réserves forestières.

«Remplacement des projets de réserves naturelles démesurées par l'exploitation de la forêt respectueuse du climat»

Viser une hausse des volumes de bois récoltés

Le potentiel d’exploitation du bois de la forêt suisse n’est actuellement de loin pas épuisé. Au vu des réserves de bois actuellement élevées, ces prochaines années, on pourrait et on devrait exploiter nettement plus de bois qu’il n’en pousse. Les enquêtes menées par l’OFEV le confirment:

  • Même sans réduire les réserves, on peut exploiter 3,4 mio m3 de grumes résineuses par année pendant les 20 prochaines années, et même 4,4 mio m3 si l’on procède à la réduction du volume de bois sur pied qui est exigée et raisonnable. 
  • En comparaison avec l’exploitation effective actuelle (2.6 mio m3), des hausses de 30 à 70 pourcents sont possibles et adéquates.

Adhésion à l’utilisation en cascade

La Task Force soutient l’objectif de l’utilisation en cascade du bois, qui prévoit une utilisation énergétique de la matière première après son utilisation préalable en tant que matériau de construction, cela à la fin du cycle de vie du produit.

Malgré tout, la valorisation énergétique directe est au premier plan surtout pour les feuillus. Les raisons à cela sont à voir autant dans les formes défavorables des arbres que dans le manque de débouchés pour l’écoulement de la matière. C’est pourquoi dans ce domaine, la concurrence entre l’utilisation matérielle et l’utilisation énergétique (en partie subventionnée) reste limitée.

Les avantages écologiques d’utiliser du bois

Les maisons modernes en bois n’ont plus rien à voir avec des chalets rustiques.

Dans la mesure où le bois est mis en oeuvre en tant que matériau de construction et ensuite valorisé énergétiquement (utilisation en cascade), on économise 1'300 kg d’émissions de CO2 par m3. Par contre, si on laisse le bois en forêt, cet effet n’est pas obtenu.

Le bilan en CO2 des produits du bois est extrêmement positif, parce que:

  • lors de l’accroissement de la masse de bois, la forêt soustrait du CO2 à l’atmosphère et stocke du carbone; 
  • le stockage du carbone dans les produits du bois dure des années voire même des décenies; 
  • les produits en bois sont utilisés à la place de matériaux moins écologiques; 
  • à la fin de leur utilisation matérielle, les produits en bois peuvent être valorisés énergétiquement et en plus, de façon neutre en CO2.

Sans une exploitation du bois économiquement motivée, une utilisation écologique de la matière première n’est toutefois pas non plus possible.